Les personnes dont Julien Gastelo a fait le portrait ont des parcours de vie d’une richesse souvent insoupçonnée et inestimée. C’est probablement le commun de toutes ces personnes qui vivent seules, et du fait de leur âge passent davantage inaperçues. Prendre un moment pour les regarder et converser avec elles; c’est découvrir que l’âge ne fait pas nécessairement la vieillesse, c’est parfois participé à leurs activités, c’est écouter des histoires et apprendre des leçons de vie.
Ces photos sont prises avec son smartphone, autour de lui dans son quartier à Bruxelles, au cours de rendez-vous ou à la volée. Il connaissait certaines de ces personnes. Pour d’autres, il avait la curiosité de les connaître. Puis il y a eu des rencontres inattendues. Ces instantanés étaient accompagnés d’un échange portant sur leur quotidien, leur vie et la vie. Plus jeune que ses modèles, bien que père et néanmoins toujours fils, c’est au carrefour de son parcours que ces personnes se sont adressées à moi.
Auprès de ces personnes, il pensait à sa mère, la grand-mère de ses filles, qui a recours à ce mantra: « … la vie est belle ». Elle aussi vit seule et dans ce même quartier, et comme d’autres sur ces photos, elle a vécu des tragédies intimes et de l’histoire, surmontées grâce à des ressources propres, la solidarité et des droits. La vie est certainement un combat, mais à mener avec d’autres pour la sagesse, la santé, l’amour et la paix.
Ces « … » qui précèdent « La vie est belle » incluent cette dimension. Soit des enseignements pour expérience.s, dans lequel s’inscrit cette série de portraits.
Ces photos sont finalement une invitation à regarder, à écouter et à prendre soin de ces personnes qui vivent autour de nous, et qui parfois, passent inaperçues.

Caroline, Place de l’Epée après avoir participé à un atelier de jardinage avec ses voisin·es et le Collectif AuQuai

René, Place du Jeu de Balle en chemin vers la poste et au détour d’une réflexion: « l’humour, je ne sais pas s’il me poursuit ou s’il est en moi. Mais il faut garder le sourire, même si la vie manque parfois de réjouissance »

Madeleine, avec ses voisines et des travailleur·ses sociales lors d’un atelier cuisine d’Habitat et Rénovation

Marie-Jeanne, célèbre la visite de Saint-Nicolas avec les familles des Mignonnettes, sa compagnie de majorettes depuis 47 ans.

Marina Helena, au restaurant Le Renard Noir, où elle va déjeuner tous les jours de la semaine

Jo au Théâtre Les Tanneurs, après la dernière de son spectacle Héritage, dans lequel elle joue son histoire au côté de son fils Cédric

Michel dans son atelier d’ébéniste, siège de l’association de quartier qu’il préside

Papi François lit un livre d’Angela Davis à la Bibliothèque Bruegel où il anime l’école des devoirs.